samedi 14 novembre 2009

Retour sur la semaine écoulée

Tout d'abord revenons sur le rapport publié mardi par l'IEA -International Energy Agency (à ne pas confondre avec l'EIA - américain) qui commence à prendre conscience du bouleversement politique et économique qui est en train de se produire grâce au gaz naturel (les lecteurs de ce blog ont été les premiers informés dès le mois de juillet). L'EIA reconnaît donc l'existence des réserves en gaz naturel du continent Nord Américain et admet que l'impact d'une transition du pétrole, ou mieux, du charbon vers le gaz naturel, aurait des effets positifs sur l'environnement (entre -25 et -50% de co2). Ce rapport est une bonne chose. Même s'il est tardif, il vient confirmer ce que je dis maintenant depuis 5 mois : un cygne noir est à l'horizon. Il va changer radicalement les rapports US-Arabie Saoudite et Europe-Russie. Les US vont très certainement voter une loi qui favorisera l'utilisation du gaz naturel pour produire de l'électricité, mais aussi pour alimenter les véhicules professionnels ainsi que les gros camions 18 roues qui traversent tous les jours le continent américain. Cette transition est possible rapidement (moins de 2 ans) et permettra aux américains de remplir un quintuple objectif :
- limiter considérablement la production de Co2
- créer de l'emploi dans l'industrie gazière et soutenir la production automobile locale
- réduire le déficit commercial et la dette extérieure
- stabiliser le dollar
- ne plus financer l'OPEC, dont la majorité des membres sont hostiles aux US

Pour plus d'information à ce sujet, je vous conseille de relire les billets consacrés au gaz (suivre le tag Gaz).

Ce débat sur le gaz évolue et nous nous rapprochons de l'échéance politique. T.Boone Pickens réunit maintenant près de 120 élus républicains et démocrates, prêts à voter le Natural Gaz Act. Bien entendu, les lobbys du charbon ne sont pas restés les bras croisés. Le charbon reste le combustible majoritairement utilisé aux USA et en Chine. Beaucoup de monde vit donc du charbon. Les lobbys du charbon tentent donc tout ce qui est possible pour éviter l'inévitable : une transition vers le gaz. Le but du jeu est donc de démontrer que le gaz pollue ! L'administration Obama a donc été saisie par l'EPA (Environmental Protection Agency) des risques liés à l'extraction du gaz (pollution possible des nappes phréatiques). Ces attaques interviennent au moment crucial où les politiques vont devoir faire un choix tactique essentiel. Le fait de salir le gaz naturel est un bon moyen de faire avorter le projet ou de le différer en attente de résultats scientifiques. J'émets personnellement de fortes réserves sur l'intégrité de l'EPA. Cette agence a, par exemple, refusé de valider des lois passées par la Californie sur la qualité de l'air et la pollution. ces lois étaient pourtant plus protectrices que les normes de l'EPA. Néanmoins, ces lois ont été invalidées car l'EPA agissait sous contrôle des lobbys automobiles... Les techniques de forages horizontales actuelles consistent à injecter des liquides chimiques dans le sous-sol. Ces injections se font à plusieurs milliers de mètres sous le sol. Pour polluer les nappes éventuellement présentes près des gisements, il faudrait que les liquides soient injectés à quelques centaines de mètres. J'ai donc de fort doutes quant à la pollution engendrée par ces techniques. Le fait qu'une enquête soit lancée à quelque jours du vote, ne me laisse aucun doute en revanche sur son aspect politique. Même l'IEA a relayé ce doute (pollution) et l'a indiqué dans son rapport (je ne rentrerai pas dans le débat concernant les orientations politiques de l'IEA, mais il y a beaucoup à dire, à la fois sur le discours écologique ou le nucléaire iranien etc...).

En tout cas, plus personne ne conteste le niveau des gisements (rappelez vous en juillet, le nombre de sceptiques.. lol). Le débat a évolué d'un cran, on parle maintenant de surplus pour des années... un comble ! Mais tout ceci est encore de la fumée pour embrumer les esprits. Le gaz naturel va jouer un grand rôle dans les années à venir et ceux qui auront su anticiper et agir correctement en vue de cet évènement seront les gagnants.

Concernant les indices, le Dow a franchi la résistance importante des 10.150 points (comme anticipé dans mon scénario primaire de dimanche 8), donnant à penser que la voie des 11.000 -11.500 points est ouverte pour la fin d'année.

Encore une fois les statistiques ont donné des perspectives rassurantes : L'emploi s'améliore avec un chiffre de nouveaux demandeurs beaucoup plus bas qu'estimé (502000 au lieu de 512000). On notera également la hausse des ventes de détail (+1,7%), qui donne le pouls de l'économie réelle.

jeudi 12 novembre 2009

Top 20 des pays endettés

Petit classement qui actualise le classement du 7 mai 2009 :

1. Ireland Zone Euro
External debt (as % of GDP): 1267%
External debt per capita: $567805
Gross external debt: $2.386 trillion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $188.4 billion

2. Switzerland
External debt (as % of GDP): 422.7%
External debt per capita: $176,045
Gross external debt: $1.338 trillion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $316.7 billion

3. United Kingdom
External debt (as % of GDP): 408.3%
External debt per capita: $148,702
Gross external debt: $9.087 trillion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $2.226 trillion

4. Netherlands Zone Euro
External debt (as % of GDP): 365%
External debt per capita: $146,703
Gross external debt: $2.452 trillion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $672 billion

5. Belgium Zone Euro
External debt (as % of GDP): 320.2%
External debt per capita: $119,681
Gross external debt: $1.246 trillion (2009 Q1)
2008 GDP (est): $389 billion

6. Denmark
External debt (as % of GDP): 298.3%
External debt per capita: $110,422
Gross external debt: $607.38 billion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $203.6 billion

7. Austria Zone Euro
External debt (as % of GDP): 252.6%
External debt per capita: $101,387
Gross external debt: $832.42 billion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $329.5 billion

8. France Zone Euro
External debt (as % of GDP): 236%
External debt per capita: $78,387
Gross external debt: $5.021 trillion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $2.128 trillion

9. Portugal Zone Euro
External debt (as % of GDP): 214.4%
External debt per capita: $47,348
Gross external debt: $507 billion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $236.5 billion

10. Hong Kong
External debt (as % of GDP): 205.8%
External debt per capita: $89,457
Gross external debt: $631.13 billion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $306.6 billion

11. Norway
External debt (as % of GDP): 199%
External debt per capita: $117,604
Gross external debt: $548.1 billion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $275.4 billion

12. Sweden
External debt (as % of GDP): 194.3%
External debt per capita: $73,854
Gross external debt: $669.1 billion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $344.3 billion


13. Finland
Zone Euro
External debt (as % of GDP): 188.5%
External debt per capita: $69,491
Gross external debt: $364.85 billion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $193.5 billion

14. Germany Zone Euro
External debt (as % of GDP): 178.5%
External debt per capita: $63,263
Gross external debt: $5.208 trillion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $2.918 trillion

15. Spain Zone Euro
External debt (as % of GDP): 171.7%
External debt per capita: $59,457
Gross external debt: $2.409 trillion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $1.403 trillion

16. Greece Zone Euro
External debt (as % of GDP): 161.1%
External debt per capita: $51,483
Gross external debt: $552.8 billion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $343 billion

17. Italy Zone Euro
External debt (as % of GDP): 126.7%
External debt per capita: $39,741
Gross external debt: $2.310 trillion (2009 Q1)
2008 GDP (est): $ 1.823 trillion

18. Australia
External debt (as % of GDP): 111.3%
External debt per capita: $41,916
Gross external debt: $891.26 billion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $800.2 billion

19. Hungary
External debt (as % of GDP): 105.7%
External debt per capita: $20,990
Gross external debt: $207.92 billion (2009 Q1)
2008 GDP (est): $196.6 billion

20. United States
External debt (as % of GDP): 94.3%
External debt per capita: $43,793
Gross external debt: $13.454 trillion (2009 Q2)
2008 GDP (est): $14.26 trillion

dimanche 8 novembre 2009

A l'assaut des 11.000 points ?

La semaine sera décisive pour répondre à cette question et compte-tenu des statistiques publiées, il faudra probablement attendre jeudi ou vendredi pour être fixés. Le franchissement des 10.150 points du Dow seraient un bon signe et l'on surveillera attentivement le VIX et les volumes en parallèle pour s'assurer de la puissance du mouvement.
Encore une fois, les bulls peuvent nous surprendre en poussant les indices plus loin. Je suis particulièrement attentif à la psychologie ambiante d'euphorie sur fond de bonus. Avec les fêtes qui approchent, cette euphorie peut-elle disparaître ? A ceux qui s'interrogent, laissez tomber le rationnel et le passé, les marchés reviennent de loin et peuvent encore nous surprendre. D'autant plus que le discours de la Fed cette semaine a éloigné de quelques mois encore le cycle de relèvement des taux. Je pense finalement que cela sera in fine l'élément déclencheur de la correction que tout le monde attend, je veux dire celle qui nous fera redescendre de 15% à 20%.

Pour les sceptiques d'une poursuite à court terme de la hausse, nous avons 2 autres scénarios :
- un scénario de consolidation avec un range de 200-300 points pendant 2 à 4 mois
- un scénario de pull-back à court terme, conduisant le dollar à la hausse et les indices à la baisse avec une correction respectivement à 1,35$ et 8.850 points.

Ces 2 derniers scénarios (scénarii pour les puristes) sont plausibles, d'autant que nous avons maintenant un Dow Jones en zone de surachat en weekly et un Vix de nouveau dans une zone de rebond.

C'est pourquoi il ne faut pas jouer au héros ici et il vaut mieux pour le moment suivre ce marché de façon technique. Si le Dow échoue a franchir les 10.150 ou si le vix nous refait un départ en trombe : méfiance.
Enfin, n'oublions pas le dollar... les smarts money pourraient anticiper le relèvement de la Fed un peu plus tôt que le troupeau... le marché est une discounting machine, ne l'oublions pas. Ceux qui l'ont oublié en mars, s'en mordent les doigts.

vendredi 6 novembre 2009

Retour sur la semaine écoulée

La semaine était lourde du point de vue statistiques et nous apporté un lot inespéré de bonnes nouvelles. lundi 2 novembre vers 13h30 je vous indiquais pratiquement le profil de la semaine : une butée sur les 32 du VIX, suivi d'un point de rebond situé à 9640, et enfin une reprise haussière en milieu de semaine vers les 10.000 points.

Ce scénario, qui avait ma préférence, s'est déroulé à 99% comme anticipé : le VIX a buté sur 31.84 et le Dow est descendu au plus bas à 9679. Le dow est ensuite remonté dès mercredi pour finalement atteindre les 10.000 points jeudi soir.

Ce marché est très technique pour le moment, et d'une certaine façon réagit positivement aux statistiques.

Coté entreprises, à noter l'ascension continue de Starbucks, SBUX (rappelez-vous mon analyse cet été) il faut noter la forte rechute de Fisrt Solar, FSLR (cf mon analyse du secteur solaire... les fondamentaux reprennnent toujours le dessus); l'énorme bond de Fuel System Solutions,FSYS (recommandée par Jim Cramer depuis des mois, et qui a bondi de plus de 30% en 2 jours et de 284% depuis le 9 mars !! Pour une fois Jim a eu le nez fin, à noter aussi que Jim est bullish depuis la fin de l'été sur le gaz naturel);UNG qui baisse du fait du contango et d'un mouvement baissier sur le gaz naturel spot (ce mouvement est une opportunité d'ouverture de position progressive, je pense, sur une optique moyen terme, car j'observe une réduction du contango à moins de 50cts et même une backwardation sur les échéances plus éloignées; à noter également que Pickens réunit maintenant 111 députés confirmés pour voter au congrès - son objectif est de 120 pour le 20 novembre - à suivre mais c'est réalisable car non-partisan); et enfin Verizon,VZ qui lançait aujourd'hui son Google Droid, qui sans menacer réellement l'iphone, peut néanmoins séduire bcp de monde du fait de son prix et de son véritable GPS inclu. Il peut aussi séduire par le fait que Verizon offre une meilleure bande passante...

Rendez-vous samedi ou dimanche pour une anticipation de la semaine prochaine.

mardi 3 novembre 2009

Statistiques rassurantes pour 2010

L'index ISM manufacturier est ressorti en hausse plus importante qu'attendu hier. A 55,7 il donne à penser que la croissance sera encore au rendez-vous au Q4, autour de 4,5% en rythme annualisé. J'ai lu ici et là que les 3.5% de croissance du Q3 sont trompeurs du fait des primes à la casse, du chômage et aussi des subventions de l'Etat US. Ce n'est pas totalement faux, mais je remarque aussi que beaucoup de gens souhaitent un gros pull-back, voire un double bottom, pour retrouver une chance de prendre le train de la hausse !! Encore une fois, lorsque trop de monde pense la même chose sur les marchés, c'est vraiment le signe qu'il faut se méfier. L'approche contrarian repose d'ailleurs sur un fondement qui n'est pas aussi empirique que l'on pourrait le penser. En fait, quand tout le monde est dans le même sens, cela veut tout simplement dire qu'il n'y a plus de nouveaux acheteurs ou vendeurs pour alimenter la poursuite du mouvement...

Hier, les dépenses de construction ainsi que les ventes de logement ont montré pour septembre des signes encourageants de reprise : lorsque les ménages vont intégrer les risques inflationnistes, l'immobilier redeviendra l'instrument patrimonial préféré des ménages.

Au niveau de l'énergie, la hausse de l'ISM doit aussi nous interpeller, surtout au niveau du gaz. Si les entreprises se remettent à fabriquer, il est probable que l'énergie consommée sera directement ou indirectement à base de gaz naturel. Cette anticipation, combinée à la réussite espérée du plan Pickens, peut favoriser une approche spéculative sur les ETF à base de gaz naturel.

Dans le même temps, les prévisions de croissance pour l'Europe en 2010 ont été revues à la hausse de 0.8%. Nous avons donc une prévision positive de 0,7% pour 2010, mais bien entendu ce chiffre se fera avec un grand écart entre le nord et le sud. Mon anticipation est donc que le continent Nord Américain sera autour de 5% l'année prochaine, tandis que l'Europe sera largement à la traîne avec moins d'1 %. La politique de taux de la BCE se fera encore probablement à contre sens des intérêts européens. Néanmoins, tout se paie, tôt ou tard. L'euro à 1,50$ en ce moment coûte très cher à tous ceux qui exportent et qui vendent l'essentiel de leur production à l'international. Ces contre-performances se feront sentir sur le PIB européen, jusqu'à ce que le marché intègre ces mauvaises performances, ou que le différentiel de taux entre la Fed et la BCE ne soit plus favorable au carry trade. Je conserve donc ma prévision d'un retour de l'euro à un point d'équilibre MT à 1,20$-1.25$.

lundi 2 novembre 2009

Reprise du trend haussier, consolidation ou retraite ?

A la moindre baisse, les articles dans la presse redeviennent pessimistes et on ressort les prévisions de crash alarmistes. Pour moi, ceci est clairement un signe qu'il faut éviter de shorter !

Cette semaine a été une semaine de recul des indices, sur fond de prises de bénéfices. Le Dow est maintenant assis sur sa moyenne mobile à 50 jours, sans toutefois être survendu à court terme. Le support oblique qui est en vigueur depuis le 9 mars n'est plus très loin : 9.640 points. Même si ce support oblique est très pentu et ne pourra pas tenir pendant une année supplémentaire, je pense qu'il peut à court terme tenir lieu de point d'entrée pour les acheteurs. La semaine à venir va être chargée de statistiques, et il est possible que les indices repartent en milieu de semaine vers les 10.000 points. Le Vix est remonté très fort vendredi dernier, à 30.69, tout proche de sa moyenne mobile à 200 jours (environ à 32), limitant de facto ses possibilités de hausse et augmentant la possibilité qu'il soit stoppé par cette MM200.

J'observerai donc cette semaine l'intégrité du support oblique et surtout la résistance des 32 sur le VIX. Si l'un ou l'autre sont franchis, je pense que le mouvement correctif peut alors se diriger vers 9200 avant d'observer une consolidation prolongée (trading range) jusqu'à fin 2009. Si au contraire, le dow réussit à franchir les 10.100 points dans les 10 jours qui viennent, nous pourrions alors avoir un rally de fin d'année nous amenant entre 11000 et 11500 points. Il ne faut pas oublier que nous sortons d'un scénario de déflation et de fin du monde. Le marché peut donc se tendre rapidement, plus rapidement que nous ne l'avons jamais vu.
La réponse dans quelques jours.

MAJ 23h : le vix est monté à 31.84 en intraday, très proche des 32, sa MM200 (le dow touchait à ce moment là son support oblique) Le Vix n'a pu se hisser plus haut et le dow a rebondi sur son support comme je l'anticipais ce matin. Le vix cloture sous 30. Signe évidemment guère encourageant pour une poursuite de la correction

vendredi 30 octobre 2009

Point de rupture

Pour illustrer mon propos, je vais commencer par cette blague qui circule dans les écoles d'ingénieurs : 3 ingénieurs construisent chacun un pont. 2 ponts s'écroulent. Le premier, diplômé de X, dont le pont s'est écroulé, refait ses calculs et dit : "je sais pourquoi le pont s'est écroulé". Le deuxième, diplômé de l'école des ponts, dit "c'est impossible, mon pont n'aurait jamais dû s'écrouler. Le troisième, diplômé des arts et métiers, dit "je ne sais pas comment j'ai fait, mais en tout cas, mon pont tient toujours".
Cette plaisanterie résume un peu le paysage politique et économique qui nous entoure. Les experts nous expliquent ce qu'ils n'ont su prévoir, les politiques se lancent dans la fuite en avant ou inventent des théories ubuesques, enfin les derniers, un peu comme moi, ont senti que quelque chose ne tournait pas rond et ont pris la tangente, avant que le tout ne s'écroule (cf mon billet l'année dernière septembre meurtrier).
A l'inverse, là encore peu nombreux sont ceux qui ont su anticiper la reprise des matières premières et des actions dès le 9 mars. Pourtant, ils avaient sous les yeux des montagnes de liquidité injectées dans l'économie. Ils avaient sous leurs yeux le troupeau bêlant derrière Roubini et consorts, les mêmes qui voyaient le pétrole à 200$ et l'euro à 2$ quelques semaines plus tôt.

Aujourd'hui, je suis de ceux qui pensent que l'Europe n'est pas sortie d'affaire, et particulièrement l'Europe du sud. Nous sommes à la veille d'un point de rupture. L'emploi se dégrade, les banques (cf mon billet sur Lagarde), servent d'intermédiaires de la BCE pour refinancer les gouvernements endettés. Les banques qui d'ailleurs ne prêtent toujours pas aux entreprises ni aux particuliers. Les ménages sont étranglés par les taxes, l'inflation des services, les loyers ou les prix de l'immobilier (France) ou au contraire piégés dans des crédits à 30 ans qui valent plus chers que leurs biens (Espagne, RU, pays du nord et de l'est de l'Europe), les taxes et impôts affaiblissent les entreprises, enfin les gouvernements Européens sont entrés dans la phase exponentielle de la dette : celle où l'accroissement de la dette est plus rapide que son remboursement. Tout cela converge vers un point de rupture qui peut prendre des manifestations diverses, et que nous voyons déjà : prises d'otages, suicides, montée des mouvements anarchistes et d'extrême gauche, hordes de jeunes dans les rues pour tout casser, etc...

Et pendant que le continent Européen prend l'eau, devient vieillissant et ne sait toujours pas comment financer ses retraites, se rajoute aussi le problème d'une immigration mal pensée, ghettoisée, aboutissant à une importation pure et simple de peuples non formés et non intégrés culturellement et religieusement à notre mode de vie. La rupture est d'ailleurs déjà consommée depuis longtemps dans les quartiers, mais il est de bon ton de croire que l'on va résoudre le problème à coups de subventions, d'éducateurs, d'aides sociales. Ce problème n'est pas politiquement correct, et en parler vaut d'être taxé de racisme ou de fascisme, alors que le problème qui se pose est sans précédent dans l'histoire de notre continent, et possède de multiples facettes : culture, religion, prise en charge financière. le coût de cette immigration a été mesuré par des économistes sérieux, mais ces études sont restées confidentielles, car elles ne vont pas dans le sens du monde merveilleux de la diversité. La réalité là aussi, est plus austère : il faut loger, éduquer, former, donner des soins, des services, à des populations qui ne parlent souvent pas notre langue et ne partagent pas la foi en la science ou le cartésianisme. Tout ceci a un coût extrêmement élevé et nous refusons de l'admettre. .

Je conteste donc l'immigration que nous connaissons et qui nous coute plus cher que ce qu'elle nous rapporte. Les études sérieuses existent et il faut les lire avec lucidité. L'immigration actuelle est par ailleurs inégalitaire par rapport à celle du XXeme siècle, car aujourd'hui, nous exportons les emplois peu qualifiés, et de ce point de vue, l'importation de main d'oeuvre non qualifiée, rémunérée par les minimas sociaux, est une hérésie conduisant au phénomène des ghettos que nous connaissons.

Ce coût rentre dans la balance et participe grandement au déficit entre les prélèvements et les redistributions. C'est simple, mais la vérité est comme le soleil et ne se laisse pas regarder en face. Nous irons donc vers plus de prélèvements, plus d'Etat, plus de financements sociaux, plus de redistribution, entretenant par là même l'exil des entreprises et des cadres. La fuite en avant continuera jusqu'au mur. Jusqu'au jour où l'Etat sera en cessation de paiement. J'en suis convaincu.
Pour éviter cela, il faudrait d'abord une classe politique intègre et capable de dire la vérité aux peuples européens et à tous ceux qui veulent partager la destinée de ce continent : il faut travailler plus et il faut moins de redistribution. Mais l'Europe choisit la voie du déni et agit comme un puissant aimant de la misère du monde. Il ne s'agit pas là d'égoïsme ou de manque de charité, mais avant tout d'une prise de conscience que la charité peut se transformer en désastre.

Le monde souffre de sa population, non pas du réchauffement climatique liés aux entreprises. Le sophisme dans lequel nous nageons est affligeant : on énonce la conséquence comme déterminante de la cause, alors que c'est strictement l'inverse. Le réchauffement climatique (s'il est vraiment lié aux activités humaines et non au soleil ou aux champs magnétiques) est la conséquence d'une augmentation de l'activité humaine, elle même conséquence d'une augmentation de la population mondiale. Lorsque je suis né, il y avait 3 milliards d'êtres humains. Nous sommes maintenant à environ 7 milliards. Cette croissance est la résultante des gains de productivité agricoles, des engrais, du progrès médical. Et c'est heureux. Mais cette croissance est aussi la résultante d'une progression incroyable des pays dits autrefois du tiers-monde et qui sont totalement incapables d'enrayer la natalité excessive de leurs ménages, car cette natalité est souvent le fait de l'ignorance ou de la religion (musulmans et catholiques se rejoignent sur ce point).

Certains pays ont vu leur démographie multipliée par 10. Comme il n'y a pas assez de ressources pour nourrir tout le monde, hommes, femmes et enfants migrent. Du sud vers le nord et de l'est vers l'ouest. Et le grand mensonge des mouvements altermondialistes et d'extrême gauche, c'est de faire croire que c'est l'occident qui les affame. La culpabilisation servant alors de fer de lance contre le capitalisme, que l'on accuse et que l'on voudrait voir s'effondrer. La responsabilité de l'occident est d'avoir feint d'ignorer le problème de la supopulation et d'avoir porté le fer contre sa propre industrie, désignée coupable de tous les maux. Ce qui a ouvert la porte à tous les moustachus anarchistes de la planète et autres illuminés qui pensent que tuer l'industrie résoudra le problème.

De rares pays ont pris le problème à bras le corps : la Chine de façon drastique, le Mexique de façon pédagogique et certains pays d'Afrique (Afrique du sud notamment).
Mais adresser tous ces problèmes nécessite sang froid, humilité et détermination. Et humanisme ne doit pas dire faiblesse ou sentimentalisme. Lorsque nous serons 12 milliards il sera trop tard.

Tout cela pourrait être contenu et remis en ordre, si seulement la classe politique de l'occident et particulièrement de l'Europe donnait une autre image d'elle même. Au contraire, nous voyons les affaires se succéder et étaler corruption, népotisme, diffamation, fraude, pédophilie, et j'en passe. Le contraste est saisissant entre la réalité de la rue et celle des palais, de telle sorte que les citoyens de nos pays se sentent de plus en plus trahis. Lorsque le point de rupture sera trouvé, les sociologues, historiens et économistes nous expliquerons pourquoi.

Avertissement !

Ce blog est destiné à la réflexion et à l'anticipation uniquement.

Les analyses et suppositions de l'auteur du blog ne peuvent être tenues pour certaines. L'analyse économique et financière n'est pas une science exacte et ne peut en aucun cas conférer un degré de certitude suffisant pour agir sans risque.

Ce blog ne constitue en rien une incitation à investir en bourse. Investir sur les marchés financiers est risqué et peut revêtir une forme de spéculation. Vous ne devez investir que si vous possédez l'expérience et le jugement nécessaire. Dans le cadre d'une bonne gestion de patrimoine, veuillez prendre des avis personnalisés et n'investir que ce que vous êtes prêts à perdre. Par ailleurs, il convient de rappeler que ce blog ne donne pas de conseils personnalisés. Le contact mail est destiné à l'échange d'articles ou de documents que vous souhaitez transmettre ou partager. Il n'est hélas pas possible de répondre à toutes les demandes personnelles ni d'assumer les risques liés à vos décisions d'investissements. L'auteur de ce blog vous recommande donc de recourir à des professionnels spécialisés dans la gestion de patrimoine. Internet est un formidable outil, mais bien souvent les gens oublient qu'internet ne peut se substituer à un médecin, un avocat, ou un spécialiste de la finance. Les blogs sont là pour aiguiser nos connaissances et notre esprit critique, mais il faut savoir faire la part des choses.

Ce blog est également soucieux de l'éthique et du respect humain. Tout commentaire non conforme à cet esprit peut être supprimé ou non approuvé par l'auteur du blog. Les messages à caractère racistes, diffamatoires ou insultants seront supprimés dès que l'auteur du blog en aura connaissance. Les commentaires publiés n'engagent que leurs auteurs et ne sont en aucun cas cautionnés par l'auteur du blog du fait de leur publication.