Tout d'abord revenons sur le rapport publié mardi par l'IEA -International Energy Agency (à ne pas confondre avec l'EIA - américain) qui commence à prendre conscience du bouleversement politique et économique qui est en train de se produire grâce au gaz naturel (les lecteurs de ce blog ont été les premiers informés dès le mois de juillet). L'EIA reconnaît donc l'existence des réserves en gaz naturel du continent Nord Américain et admet que l'impact d'une transition du pétrole, ou mieux, du charbon vers le gaz naturel, aurait des effets positifs sur l'environnement (entre -25 et -50% de co2). Ce rapport est une bonne chose. Même s'il est tardif, il vient confirmer ce que je dis maintenant depuis 5 mois : un cygne noir est à l'horizon. Il va changer radicalement les rapports US-Arabie Saoudite et Europe-Russie. Les US vont très certainement voter une loi qui favorisera l'utilisation du gaz naturel pour produire de l'électricité, mais aussi pour alimenter les véhicules professionnels ainsi que les gros camions 18 roues qui traversent tous les jours le continent américain. Cette transition est possible rapidement (moins de 2 ans) et permettra aux américains de remplir un quintuple objectif :
- limiter considérablement la production de Co2
- créer de l'emploi dans l'industrie gazière et soutenir la production automobile locale
- réduire le déficit commercial et la dette extérieure
- stabiliser le dollar
- ne plus financer l'OPEC, dont la majorité des membres sont hostiles aux US
Pour plus d'information à ce sujet, je vous conseille de relire les billets consacrés au gaz (suivre le tag Gaz).
Ce débat sur le gaz évolue et nous nous rapprochons de l'échéance politique. T.Boone Pickens réunit maintenant près de 120 élus républicains et démocrates, prêts à voter le Natural Gaz Act. Bien entendu, les lobbys du charbon ne sont pas restés les bras croisés. Le charbon reste le combustible majoritairement utilisé aux USA et en Chine. Beaucoup de monde vit donc du charbon. Les lobbys du charbon tentent donc tout ce qui est possible pour éviter l'inévitable : une transition vers le gaz. Le but du jeu est donc de démontrer que le gaz pollue ! L'administration Obama a donc été saisie par l'EPA (Environmental Protection Agency) des risques liés à l'extraction du gaz (pollution possible des nappes phréatiques). Ces attaques interviennent au moment crucial où les politiques vont devoir faire un choix tactique essentiel. Le fait de salir le gaz naturel est un bon moyen de faire avorter le projet ou de le différer en attente de résultats scientifiques. J'émets personnellement de fortes réserves sur l'intégrité de l'EPA. Cette agence a, par exemple, refusé de valider des lois passées par la Californie sur la qualité de l'air et la pollution. ces lois étaient pourtant plus protectrices que les normes de l'EPA. Néanmoins, ces lois ont été invalidées car l'EPA agissait sous contrôle des lobbys automobiles... Les techniques de forages horizontales actuelles consistent à injecter des liquides chimiques dans le sous-sol. Ces injections se font à plusieurs milliers de mètres sous le sol. Pour polluer les nappes éventuellement présentes près des gisements, il faudrait que les liquides soient injectés à quelques centaines de mètres. J'ai donc de fort doutes quant à la pollution engendrée par ces techniques. Le fait qu'une enquête soit lancée à quelque jours du vote, ne me laisse aucun doute en revanche sur son aspect politique. Même l'IEA a relayé ce doute (pollution) et l'a indiqué dans son rapport (je ne rentrerai pas dans le débat concernant les orientations politiques de l'IEA, mais il y a beaucoup à dire, à la fois sur le discours écologique ou le nucléaire iranien etc...).
En tout cas, plus personne ne conteste le niveau des gisements (rappelez vous en juillet, le nombre de sceptiques.. lol). Le débat a évolué d'un cran, on parle maintenant de surplus pour des années... un comble ! Mais tout ceci est encore de la fumée pour embrumer les esprits. Le gaz naturel va jouer un grand rôle dans les années à venir et ceux qui auront su anticiper et agir correctement en vue de cet évènement seront les gagnants.
Concernant les indices, le Dow a franchi la résistance importante des 10.150 points (comme anticipé dans mon scénario primaire de dimanche 8), donnant à penser que la voie des 11.000 -11.500 points est ouverte pour la fin d'année.
Encore une fois les statistiques ont donné des perspectives rassurantes : L'emploi s'améliore avec un chiffre de nouveaux demandeurs beaucoup plus bas qu'estimé (502000 au lieu de 512000). On notera également la hausse des ventes de détail (+1,7%), qui donne le pouls de l'économie réelle.
BMTC Group
Il y a 1 jour